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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 19:16

PARTIE 12 :Roche plate -> 2 Bras  ( 125km, 32h11)

(point 27 à 37)

je pars donc avec un groupe de 4, ils donneront le rythme, car moi je ne sais pas trop ou j'en suis apres le dodo.

on fait 100m et on entend une musique, et des gens qui s'amusent (peut etre, mais je ne veux pas denoncer, qu'il y avait même du rhum charette dans l'histoire). bref, on croise l'équipe de bénévole qui se repose pdt que l'autre moitié est aux stands. ils se relaieront pendant toute la course (chapeau ! )

On continue la montée, un des gars s'arrete, on continue à 3 + moi. 

 

on arrive à un passage un peu étroit, avec une main courante, et on redescend. le gars en tête galope bien, je lache un peu et revient petit à petit. Je suis rassuré sur mon état: je me sens bien, frais, et je retrouve mon rythme. 2 gars stoppent pour une pause technique et je me retrouve seul avec la fille du groupe (Stéphanie B.  44h44, dans le top 10 femme, bravo)

On continue ensemble, je tiens le coup et propose même de prendre un relai. pas de réponse, bon je reste derriere, tant mieux elle me donne un rythme tres soutenu.

on prend une courte montée, mais tres seche, en escalier et on arrive au ravito de Ilets aux orangers en 320eme position.(115km, 29h45)

j'étais en 292 avant de dormir, super, j'ai pas perdu grand chose.

Je prends deux verres de soupe, un sandwhich et je repars tout seul. 

 

c'est beau un trail la nuit, mais les photos ne sont pas terribles, j'en prends qqunes quand même.

PA150290

 

      le chemin est assez étroit, entre une paroie abrupte, et un cours d'eau en contre bas, faut pas se louper.

PA150291

 

apres une grosse descente avec pour seul compagnon un tuyau noir (!) et j'arrive à une passerelle au dessus de la rivière à galets.

PA150293

 

je vois des lampes au loins devant et au dessus de moi, je garde un ryhtme soutenu (tout est relatif....) j'en dépasse un bon nombre de coureurs, le moral est au beau fixe.

le noir commence à s'estomper, la nuit se termine, le jour se lève. le soleil est au dessus de la montagne et pourtant il fait encore tres sombre, cela m'etonne beaucoup. bizarre quand meme l'hemisphere sud... je continue un peu et le soleil est descendu derriere la montagne !! ouuups, ce n'est pas le soleil, c'est la lune que j'ai vue....

ok, je ne suis pas aussi frais que je le pensais, le ravito de 2 bras me fera du bien :))

PA150301

voila,  j'en ai fini avec Mafate. je n'ai rien vu du cirque

PA150300.JPG

je fais une vidéo ! et oui je fais ce que je veux

 

reste 10h ? bravo c pile poils ce que je vais faire, belle estimation.

je vois le ravito au loin, on traverse 2 3 fois la rivière à gué, faut pas dérapper.

PA150302

un gars derrière moi, passe à 200 à l'heure !! je suis étonné car il va vraiment tres vite, et, en toute modestie, c'est le premier gars qui me depasse depuis au moins 24h ! 

un gars de l'orga me dira qu'en fait il fait la mascareigne, et qu'il est en tête ! ok, je comprends mieux :o)

bon allez, une photo officelle, avec un petit coeur pour qui de droit !

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et j'arrive au ravito de 2 bras, en 296 places !

24 places gagnées en 2h00 depuis Ilets aux oranger, belle perf !

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PARTIE 13 :2  Bras -> Possession  ( 141km, 36h47)

(point 37 -> 41)

brrrr la partie 13, est ce que ca va me porter malheur? ....

je rentre dans le ravito et bingo, je suis sous la barre des 300 ! ça c'est chouette, j'ai du gagner 20 places, youpi.

je change de chaussure, adieu les rockridge qui m'ont fait des ampoules (deg) et boujour les trabucco. je garde le short, et le tshirt. je refais mon sac, je mange. Ce ravito durera 30min.

a coté de moi se trouve une fille de l'organisation (Christine?) qui prend son petit dej, et on discute ensemble. elle fait du ski de bosses (pas à la réunion) mais elle s'est fait mal au genou, donc la c'est repos.

si tu passes par ce blog, je te fais un coucou, c'était sympa de discuter, de penser à autre chose que la course !

 

bon me revoila prêt, je suis habillé et j'ai mangé, on peut donc y aller !

je pointe à la sortie du ravito, je suis 286, j'ai gagné 10 places (!), on se fait tous des coucous, il y a bien 10 bénévoles, vous êtes geniaux et je repars pour un gros morceau : la montée vers ? je ne me souviens plus du nom :) ah si dos d'ane.

on retraverse la rivière, avec une corde cette fois.

 

PA150309

 

et boum, ça grimpe ! et pas qu'un peu. en plus le soleil s'est levé: des qu'on est plus à l'ombre on sent que ça tape.

Moralement, je suis bien. même s'il reste encore un paquet d'heure pour finir, je suis tres confiant. la difficulté ne me pose plus de problème, je suis presque dans un état second (la fatigue aide aussi....)

 

 

la montée se passe bien, bien qu'elle dure plus longtemps que prévue. je dépasse des coureurs c'est formidable !

et je découvre de nouveaux obstacles

 

 

 

rien ne semble pouvoir m'arreter ! les voyants sont au vert !

au detout d'un virage, un photographe est la, il prend la photo par suprise, zut, j'ai le bandeau, les fesses à moitié à l'air, je ne ressemble à rien.

je m'arrete, redescends, enleve le bandeau et me fais une beauté. "vas y tu peux en refaire une?"

et oui, je defends mon droit à (une belle) image

 

Avant: pas top

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Apres: ah oui, c'est mieux

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finalement je finis la grimpette, m'arrete pour mettre les lunettes de soleil et la creme solaire et je repars sur le goudron. le soleil tape fort, bien qu'il soit encore tôt (8h30?)

PA150316 le bandeau restera degueu même apres une machine...

 

 

la partie suivant est en descente, je relance plutot fort.

la pente devient raide à travers une forêt de bambous. j'entends des gens derriere moi, et sans raison (enfin si: ne pas me faire depasser) j'accélere encore alors que le terrain est difficile. Ce sont des coureurs de la mascareigne, ils me depassent.

bizarrement, je n'arrive pas à me raisonner, je suis sous les 300 et finalement, je vois que je peux passer sous les 200, ça aurait de la gueule. je fais moins attention à me preserver, les passages en cailloux/rochers sont passés comme si de rien n'était

je continue mon parcours, et arrive au ravito de Dos D'ane (?),  (130 km, 34h50) on voit la possession en bas

PA150318-copie-1

 

je suis ~264eme, encore 20 places de gagnées en 2h, la ligne du top200 se rapproche! ben en fait ce sera mon meilleur classement officiel...

 

je prends à boire, il fait tres chaud, et repars en galop, je depasse des coureurs. une descente, des caillasses, j'entends des gens, je commence à avoir peur qu'un gars de la diagonale me depasse, c'est complétement con !!

j'accélère encore! je suis grisé, je vois les autres qui ont l'air fatigué, et moi je peux galoper, le top 200 devient THE objectif, je perds la boule....

 

 

sur un passage casse gueule, je ne fais pas trop gaffe, je ressens une douleur dans le genou gauche (face interne) en flexion, ouch !!! genre une décharge électrique.

plus question de courir, je ne peux pas plier le genou gauche, j'avance en marchant, en boitant.

j'essaie de trouver un bout de bois pour m'en servir de baton, mais je ne vois rien qui fasse l'affaire. des gens me doublent, me demandent si ça va. 

 

voila une descente, je tente de trottiner, impossible, la douleur m'empeche de plier ce genou.

 

 

la descente dure une eternité, plein de gens me dépassent. je me pose mille questions, et j'arrive qd même à la possession, au ravito.

 

PARTIE 14 :Possession -> Grande Chaloupe  ( 146 km, 38h46)

(point  41 ->42,5)

 

il y a une super ambiance au ravito, ca detonne p/r à mon coup de déprime et à la douleur dans le genou.

je demande mon classement, 269 !

ça alors!! j'étais passé en 264 à dos d'ane, j'ai dépassé qqes bonhommes avant que le genou lache, et d'autres m'ont dépassé alors.

ben finalement je ne me debrouille pas si mal que ça! 

 

finalement, ce tout petit truc (savoir mon classement) a complétement changé ma vision du problème.

je me sens à nouveau bien, le coup de déprime est passé ! le mental c'est vraiment bizarre, ça ne tient à pas grand chose....


bon, hop, je dirige vers le stand médical, option kiné(es) !! j'aime bien l'idée que les filles vont me tripoter le genou (en tout bien tout honneur, hein !!)

- hello, je me suis fait mal au genou, je ne peux plus le plier

- hello beau jeune homme (hum, le texte est de mémoire), vous avez fait quoi?

- heu 141 km dans la brousse, :)

- :) ok, et ?

- ben rien de particulier, c'est à force de courir

- vous voulez abandonner ?

- ah mais non, no way !!!! 

une des filles se retourne vers celle qui m'a posé la question: "il a l'air en pleine forme!"

je reponds: à part le genou, ça va tres bien, pouvez vous me faire un truc pour que j'ai moins mal, pour que la jambe reste tendue?

- bon ça marche on va vous faire un strapping


elles regardent le genou, appuient sur certains os et muscles mais je ne ressens pas de douleurs particulieres.

elles discutent entre elles:

- on lui fait quoi comme strapping?

- et bien on peut lui faire celui qu'on a fait au gars d'avant?

- ah bon c'est le même probleme ?

- je ne sais pas, mais je ne connais que ce strapping


elles reviennent vers moi, j'enleve le manchon de cuisse et le booster.

je m'installe sur le lit de camp et elles le strapping

 - oh, vous ne vous êtes pas rasé les jambes?

 - ah non

 - ah.... bon, vous auriez du.... mais bon la c'est pas grave car on n'enleve rien. la prochaine fois vous saurez

 - ok, merci

 

 les filles me mettent un strapping pour me maintenir la rotule (??)

 d'apres ce que j'ai compris, c'est le seul strap qu'elles savent faire. moi j'y connais rien.

 voila, c'est fait

 je me releve et..... rien, ça me fait toujours aussi mal, et je n'ai pas l'impression que ca tienne le genou.

PA150319 c'est mimi !

 

 

 j'ai du faire une grimace, car elles me disent:

 -au raviro de colorado (dans 15km et 4h30) y'a le king du strapping, il saura quoi faire

 - merci les filles, bonne continuation !

 - merci vous d'être aussi beau (de mémoire, mais la fatigue peut avoir altéré mes souvenirs)

 

 je me dirige vers le stand d'eau ou je bois une grosse quantité d'eau, il est 11h, en bord de mer, le soleil tape fort!!! 30-35°.

 je mange un coup et repars vers le chemin des anglais (une tuerie)

 

 

 on passe en bord de route, je boite toujours, mais comme c'est plat je me débrouille pas si mal.

 

 et arrive le chemin des anglais, c'est assez difficile à decrire. ce sont des dalles de basalte (?) posées les une à coté des autres. ça a du être bien mis à une époque, mais la ce n'est pas tres plat....

 

 


 ça commence en montant, il faut marcher de dalle en dalle, en faisant parfois de grands pas pour atteindre la suivante. malgé la jambe raide, j'arrive à monter correctement. largement moins vite que si je n'avais pas le pbm au genou, mais c'est quand même une allure raisonnable, d'ailleurs je dépasse des gens (moral +10).

PA150327.JPG c'est joli mais casse patte !



 j'entends un coucou derriere moi, je me retourne, c'est Francis ! (1er VH3, il m'avait preté son tel dans le cap anglais) 

 salut, comment tu vas ?

on se raconte nos courses, nos impressions et tout ca

il est 1er VH3, il est motivé à fond ! on avance en discutant, j'oublie le genou

passage tres sympa !

on finit la montée, et on attaque donc...... la descente !

aiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie

là le genou dit non ! je dis à Francis que je ne peux pas suivre, on se souhaite bon courage et il repart devant

(moral -5)

je commence alors la partie que je qualifierais de "partie la plus dure de ma course", ça durera 1h-1h30, je gémirai à chaque pas sur la jambe gauche.


 

finalement j'arrive au ravito de grande chaloupe, j'ai fait 5km en 2h.....

je demande mon classement: 269 ! comme à la posséssion !!! je n'ai perdu aucune place (moral +50)

 

je change mon tshirt et je mets celui de la course (l'organisation a demandé de commencer ou finir avec ce t shirt).

un petit garçon me prend en photo. et je repars.

PA150329 lite

il ne reste plus qu'une (grosse) montée et une (technique) descente et on est arrivé !!!

miam !!!

PARTIE 14 : Grande Chaloupe -> Colorado ( 156km, 41h30)

(point  42,5 -> )

en mode warrior je commence la montée.

le chemin ressemble au chemin des anglais, mais en plus facile.

PA150331.JPG (plus facile, c'est vite dit)

 

je regarde juste à 1 m devant moi, le caillou suivant, où poser le pied, comment faire le prochain pas.

 

 

 

on arrive sur une partie en goudron, mais ça continue à grimper.

je reste concentré mais je commence à être moins lucide, je somnole à moitié. en fait je suis parti depuis 38h, j'ai dormi 30 min, j'ai sommeil, je suis fatigué, je divague, je commence à légérement zigzaguer sur la route.

je prends mon bidon d'eau (et pas celui avec la poudre à l'orange, ouf !!) et m'en verse sur la tête, elle coule partout, c'est pas top, mais l'opération a réussi, ça m'a reveillé.

à coté de moi il y une participante de la mascareigne, elle a un bon rythme, je la suis en faisant le vide dans ma tête. on discute un peu, elle est en mode "tête vide" également, et veut en finir au plus vite.

on va prendre 1 ou 2 relais pdt la fin de la montée, mais on ne discutera plus.

 

un panneau nous indique "la fenêtre", un des passages de la course. la route en goudron laisse place à un chemin de terre, toujours en montée, glissant, avec des racines d'arbres.

 

je glisse, je dois me rattraper avec un genou ko, je morfle. je me mets sur le coté du sentier, et j'avance en me retenant aux arbres, arbustes, enfin tout ce que je trouve... 

 

PA150338.JPG j'en ai marre....

 

au point "la fenêtre", un controle surprise a lieu et on tourne à gauche pour aller au colorado.

je continue à me tenir aux branches, et aux tronc, en cuinant de temps à autres qd le genou me lance.

PA150339.JPG armageddon !!!

 

mais tout à une fin et je tombe sur un chemin correct, je vois le ravito du colorado en contre bas.

ca sent bon !!!!!!!!!!!!!!!!!

 

je sais qu'apres il reste une grosse descente bien technique, mais, sans vendre la peau de l'ours, ça sent tres tres bon.....

 

j'arrive au ravito, je suis 264eme, j'ai rattrapé 5 places !!!!!!!!!

wooohoooooooooooooo

j'ai une pensé pour les coureurs/ses car en rattrapant des gens avec un genou en moins, je comprends que je ne suis pas si mal lotti que ça, et bcp de monde doit être en perdition.

 

PARTIE 15 : Colorado -> La redoute ( 163 km, 42h54)

(point  42,5 -> fin )

 

  je me dirige vers le stand kine, pour leur demander de me refaire le strapping.

je leur explique le pbm, ils regardent le strap et m'indiquent qu'en effet ça ne correspond pas à la douleur que je ressens.

le boss est la, y une fille aussi, ils vont s'occuper de moi.

 - oh, vous ne vous êtes pas rasé les jambes?

 - ah non

 - ah.... bon, vous auriez du.... vous allez me detester

 - je vais serrer les dents :) (hey ho je ne suis pas une chochotte)

 

 il prends un strap, et le tire, criiaaachhh

 salo.........

 oh put.... de bor... de me....

 une douleur sans nom !!!!

 ça fait un mal de chien mais au moins c'est fait

 enfin c'est fait, c'est vite dit, je regarde le strap, il l'a tiré de 4cm, il en reste 15, et il y a 2 straps.....

 j'ai 4cm de cuisse épilée, c'est du plus bel effet, sexy runner !!

 

 le gars me regarde

 - maintenant vous savez la prochaine fois vous saurez :), bon allez y'a encore ç faire

 la haine se lit dans mes yeux, mais je lui dis ok

 la fille me regarde d'un air complice, elle sait ce qui m'attend

 

 l'horreur !!!!!

 au final, j'ai une belle jambe de cycliste ! et le gars refait un strap.

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 il le tend a fond, le met différement de l'ancien et me demande de me lever!

 ahoui en effet ca n'a rien a voir ! le genou est tenu, ca fait encore mal, mais le strap va tenir l'articulation !de toute facon l'épilation a anesthesié toute autre sensation de douleur, youpi !

PA150347.JPG

 merci gars ! je ne pensais pas ce que j'ai dit sur ta mère, c'était sous le coup de l'émotion. je me tourne vers la fille, je ne pensais pas ce que j'ai dit sur tes prétendues moeurs, c'était sous le coup de la douleur.

 on se quitte bons amis, et en cadeau j'ai droit à un dafalgan (un anti douleur), je suis con j'avais des dolipranes dans le sac j'aurais pu en prendre depuis la possession mais je n'y ai pas pensé !

  je grignotte un truc, je discute avec les bénévoles

 et je repars, regonflé à boc !!

 

 je fais qqes pas et m'arrete pour regarder la vue, un couple est la aussi, ils proposent de me prendre en photos

 merci !!!

 on voit saint denis en bas, on y est presque !!!

 PA150351.JPG la bas, tout en bas!!

 au final entre le kiné et les discussions à gauche à droite, je suis reste 15-20 min au ravito!

 

 la descente est en effet assez technique:

 glissante avec des racines au depart (je m'arroche aux branches et troncs) mais des rochers viennent remplacer les arbres. je descends sur une jambes, ça ne va pas tres vite, mais c'est efficace.

 la jambe droite compense tout, sans rechigner, merci jambe droite.

 

 je sens la joie de finir monter en moi !

 je croise 2 randonneurs dans l'autre sens, il me disent "courage, il reste 35 min environ"

 je regarde ma montre 16h25, je calcule "si je me demerde bien je peux terminer sous 17h (43h)", wahoooo

 go go go

 le strap + le defalgan + le moral à +10000 => j'arrive de nouveau à trottiner

 

 mercredi, la veille du départ, j'avais fait une mini rando sur ce chemin. j'étais parti du stade et j'avais remonté le sentier à l'envers. à l'endroit ou j'avais fait 1/2 tour, j'avais accroché une rubalisé en rond.

 et la, ce samedi, 16h30, je tombe sur la rubalise, c'est fait! bientot la quille !

PA150355.JPG

       je sors mon appareil photo, je passe un message à V. sans qui rien de ce qui c'est passé ces 3 derniers jours n'aurait pu être possible, merci, merci à toi !! je sens les larmes monter, et eteins la vidéo avant, j'ai ma dignité :p

 c'est la derniere descnete, je vois le stade en bas.

 ca y est je suis en bas de la pente, il reste 500m et on arrive au stade !

 c'est fini, j'ai fini, j'ai réussi!

 je prends une video, des photos, puis une autre vidéo, j'accélere encore, je depasse 1 ou 2 coureurs

 

 je passe devant le public qui attend devant le stade, ils m'applaudissent, je les applaudis

 les larmes commencent à monter à nouveau

 l'émotion est la, intense

 

 je rentre dans le stade

 je refais une vidéo pour V. les larmes montent à nouveau.

 et ca y est, la ligne d'arrivé est devant moi, à 50 m, je sors l'appareil photo et mitraille

 je suis tout seul, il n'y a plus de coureurs à coté de moi, je prends mon temps, je savoure l'instant.

12_11354318_lite.JPG

 en fait entre la fin de le descente et la ligne d'arrivé, il se passera 2-3 min, je voudrais que la course continue, pour que je puisse profiter de ce moment unique où je sais que j'ai fini, je pourrais continuer tellement je suis content, mais il reste 10m, 5m, et voila ! c'est fini ! 42h54, 273eme, 111 SH!

PA150362.JPG

 je me sens tout bête, j'ai couru 42h54, et en 3min tout s'arrete, c'est trop court ! je voudrais continuer!

 je sens un vide, je suis hébété.

 je prends la médaille et le tshirt du finisher, mais je ne réalise pas trop.

 

 un gars s'approche de moi "bravo, félicitations !!!!, je te prends en photo?", il a vu mon appareil, je lui donne, mets le tshirt et la médaille. il me prend en photo et je repars, perdu, les yeux dans le vague.

 PA150369_lite.JPG

 au milieu du stade, je suis toujours un peu perdu, je ne sais pas quoi faire, ça fait 43h que je trotinne, où je ne pensais qu'à ça, finir, et là, j'ai fini. j'ai l'esprit vide, les yeux dans le vague.

 

 ce sentiment dure qqes minutes, et je retrouve un peu de lucidité. je suis venu tout seul à la réunion, j'ai envie de partager ce moment, je pense à V, ma famille, mes amis, toutes celles et ceux qui m'ont encouragé et suivi pendant toute la course! 

  je pense à ce que je viens de faire, je réalise enfin. je suis finisher de la diagonale des fous !

 

 

tableau-GRR_3.JPG

 

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Published by petit_merou - dans Grand Raid 2011
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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 18:47

PARTIE 7 :  Hellbourg: 

cette partie est relax, c'est le ravito....

le ravito d'Hellbourg est bien organisé (c'est l'armée aussi), je mange, fais le plein du camel et bidon, et je m'asseois, pour préparer la montée du cap anglais.

j'en profite pour sortir le téléphone, lire les sms et passer 2-3 coups de fils. sympa ! heu, ben non, batterie vide... deg, j'ai du mal eteindre le tel au départ. je suis bien vert, je n'ai plus moyen de communiquer avec les proches et amis, pffff, pas glop.

bon tant pis, pas le choix, je finis de manger, et je repars vers le cap anglais.

 PA140241.JPG

PARTIE 8 : Hellbourg - caverne dufour:  9 km, 3h18,  1484D+ (80km, 17h49)

(point 17 à 19)

 

au début de la montée, cette histoire me travaille: heureusement, les sms automatiques seront envoyés, mais bon, ça fait pas tout, j'en connais qui vont s'inquiéter. je pars à la recherche du prochain coureur que je rattrape ou que je dépasse pour lui demander d'envoyer un sms, histoire de rassurer tout le monde.

 PA140246.JPG

Apres qqes lacets j'en trouve un, il fait une pause. C'est Francis, (il finira 1er VH3, chapeau!!). Je lui explique mon problème, et sans hesiter il me prète son téléphone, encore merci à toi!

"g v bi1, mon tel e kc. kikou !", non je deconne, j'ecris le texte en français....

 

On fait un bout de la montée ensemble, il fait du trail depuis peu mais bonjour les perfs : 3eme VH3 sur la 6000D, 2eme VH3 sur la saintélyon (celle avec la neige) ! sur la saintélyon, à qqes km de l'arrivée, il glisse et chute. un gars lui passe devant sans l'aider, ce sera le 1er V3, bel esprit......

 

ce passage est sympa, ca fait 16h que je cours, et mis à part le passage avec Florent, c'est la premiere fois que je parle avec qqun. il est actuellment 3eme VH3, et est super motivé. On parle de choses et d'autres (il connait l'alsace, d'où je viens, il connait lyon où j'habite, et il a travaille à paris, comme moi).

PA140249.JPG

il s'arrete pour faire une pause, je continue l'ascension tout seul. A+, on se recroisera dans longtemps.

      le chemin est raide, avec des racines, et des escaliers naturels, et il fait tres tres humide. je peine, et tape dans le "dur", mais je garde mon rythme.

(pfiouuu ça use)

 

Je dépasse quand même une dizaine de personnes et j'arrive au cap anglais (~2100m) , je me retourne , rien, que des nuages, on ne voit rien. je prends qd meme une photo. des coureurs font une pause, moi pas. sur la course, je ne me suis arreté qu'aux ravitos, jamais entre: une fois que j'ai mon rythme, j'aime le garder et aller de l'avant.

PA140251.JPG

je continue donc, il reste 300-400m D+ pour atteindre le gite/ravito. le paysage est dégagé (au dessus des nuages), le ciel est super bleu, ce qui n'était pas évident à deviner vu la brume qu'on voyait en montant au cap anglais.

 

je dépasse un gars qui téléphone (à sa femme?): "j'en peux plus, mes muscles sont cuits, je suis ko, je vais m'arreter"

je lui adresse un "bon courage", il ne répond rien

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 PA140258.JPG

(souriez, vous êtes filmés ! la casquette elle aussi a morflé dans belouve)

la pente est plus douce,j'en profite pour réfléchir à la suite: on arrive à cilaos, qu'est ce que je fais ? le reflexion est rapide: je suis tjs frais, les muscles sont ok, pas de soucis => je continue !

je reprends mon petit bonhomme de chemin et j'arrive tranquillement au gite. un peu d'émotion car j'étais la y a 6 ans, pour monter au piton des neiges, j'étais alors accompagné, et c'etait d'autres conditions qu'aujourd'hui. (ah le rougail saucisse du gite....)

 PA140261.JPG

je fais les comptes, malgré la pause pour le téléphone, je suis monté un peu plus vite que prévu (8min de moins)

 

il est 15h49, (17h46) de course, je suis 447eme, j'ai dépassé 102 personnes depuis hellbourg (!)

 

 

PARTIE 9 : caverne dufour- cilaos:  8 km, 1h40,  1260d- (88km, 19h27)

(point 19 à 21

 

je fais le plein des camels, grignotte un tuc (y a pas enorme de choses à manger, cilaos est "juste" derriere, et je repars pour la descente du bloc ! tiens, je remarque que j'ai du mal a tourner la tête. ? la nuque semble bloquée et je dois tourner les épaules pour regarder derriere moi, bizarre....

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(sans le bandeau, une jolie photo)

 

le bloc, c'est une descente assez raide genre 1100mD- sur 5 km. je démarre doucement, et au fur et à a mesure, je trouve de bonnes sensations et accélère.

ca dure un petit moment comme ça, j'en profite pour faire un film de mes pieds ! puis je sens que les cuisses durcissent :o(

 

je stoppe, puis trotinne et marche. pas mal de coureurs/ses dépassés pdt la descente me passeront à nouveau devant. je m'en veux d'avoir couru, je me sens grisé car les jambes tiennent mais il faut que j'en garde sous la semelle.

un gars me depasse en téléphonant (à sa femme?): "j'en peux plus, mes muscles sont cuits, je suis ko, je vais m'arreter".....

hahhah, je ne sais pas ce que tu es devenu, mais dans la descente tu t'en sortais pas si mal....

 

la descente est bientôt terminée, on entend la route en contrebas, je recommence à trotinner.

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(cilaos dans le fond, derriere la brume)

 

et finalement j'arrive au bloc ! les gens sont la et m'encouragent, merci !

      je tourne la tête à gauche à droite pour trouver la suite du parcours, aie, la nuque est douloureuse. Elle est bloquée :(

on est maintenant sur la route, il reste 3km, gogogo, je relance !!! et oui, je suis surpris aussi, ca fait 19h de course, et je cours encore ! je repense au beaufortain (19h15, 103km, 6000 D+) ou je ne pouvais presque plus courir à partir du 50eme km ! je repense au genou qui m'avait fait soufrir à l'époque ! et là, rien ! je ne suis presque pas marqué par l'effort (enfin je le pense à ce moment). La stratégie des 75% fcmax est géniale ! Dans ma tête je positive à fond.

je suis invincible, je suis indéstructible !!

 

Muscle OK, tête OK : J'attaque, en prenant le temps de faire des videos et photos, dépasse 5-6 personnes, et j'arrive à Cilaos ! j'ai à nouveau 1h15 d'avance (!!) 

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19h30 de course, je rentre dans l'inconnu ! ma plus longue course était 19h15, cet été dans le beaufortain

 

19h30 et 88km de course(il est 17h30), on a fait 5100m de D+ (reste 4300, quand même....), je suis 436eme.

 Dans mon plan, cilaos representait plus de la moitié de la course, et donc je pensais avoir fait le plus dur/long. (reste 4300D+ et 74 km). En réalité, la 2eme partie, à partir de la sortie de Cilaos, me prendra 22h environ, soit plus que la 1ere partie.

 

PARTIE 10 : Cilaos - Cilaos: 2km, 0D+ 1h30 

(point 21 )

sur le papier c'était facile.... le plan était massage, me changer (mon sac d'assistance est là), dormir, et manger.

dormir, bof, je n'ai pas envie, donc je ferai ça plus tard, au ravito de 2 bras. Reste donc le massage/change/repas. mais j'ai mal géré le tryptique, un manque de lucidité et de préparation (!)

bref, je rentre dans le ravito, c'est tres grand, c'est un terrain de foot. dans l'entrée du sas, il y a les stands de kine/podo, ensuite, en tranversant le stade, on a les sacs d'assistance pour se changer, puis sur le coté, un coin repas chaud.

je commence par les massages, mais vu l'etat de nos guibolles (merci belouve), un tuyau d'arrosage est à dispo pour se les laver. hop, je me desappe les jambes (booster, chaussettes, chaussures, manchon de cuisse), j'attends mon tour, et passe de l'eau (froide) sur les jambes (brrrr). puis, j'attends mon tour pour le kine.

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je suis sur la table, un premier osteo me debloque le cou (merci !), cric crac, c'est bon, la nuque refonctionne par magie! ensuite les (jolies) kines me massent les cuisses, mais je commence à avoir froid. elles le remarquent et me mettent une couverture dessus, en me disant que je suis blanc. C'est vrai que le soleil est bas, la température baisse, l'eau froide et les pieds nus n'aident pas. je commence à trembler. Les filles (merci à vous, le massage était super !!) me laissent repartir en me disant de vite aller me changer. je tente qd meme d'attendre pour les podos mais c vrai que j'ai froid, et si y'a bien un truc que je veux éviter c'est le coup de froid, je prends toutes mes affaires sous les bras, et pieds nus je pars donc de l'autre coté du terrain.

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(happy feet 3: dirty talk)

 

je récupère le sac d'assistance et reviens avec tout mon barda aux stands kine+podo. hmmm pas bon, j'aurais pas du revenir, car il n'y a pas de vestaire, il est de l'autre coté ! pff, je n'ai pas envie de repartir, je mets une polaire et attends mon tour pour le podo; j'ai la plante des pieds echauffée, peut être peuvent il faire qqch.

la (héhé, je n'ai que des filles) podo regarde mes pieds, "ben, tout est ok, ça se voit que vous avez bien préparé vos pieds (nok + tano = top), remettez de la creme nok et GO". bon je repars, je n'arrive pas à me rechauffer.

je repars du coté des sacs d'assistance, et trouve le vestiaire. c'est degueu à cause de la boue de bélouve. je me change dans un couloir (short, tshirt, chaussettes) et remplace les moonrace par les montrail.

je retourne sur le l'herbe du terrain de foot, pour refaire mon sac: prendre les sachets de poudre, mettre la nok etc. je laisse mes piles de rechage dans le sac d'assistance, je n'en ai plus besoin. et donne le sac à l'orga, ils le mettent dans une camionnette avec 400 autres sacs.

ca m'a pris un peu de temps, mais je sens que les vetements sacs m'apportent de la chaleur. j'ai tshirt+polaire+goretex, ca fait du bien.

il fait nuit, l'aspect logistique est ok, je pars manger.

des tables, des chaises, un repas chaud ! miam. j'entends un gars qui a un pbm de pile, et qui a du en acheter dans un magasin de cilaos ! tu t'en sors bien. (pour l'anecdote, je reverrai le gars à mon hotel, c'est Xavier !! on prendra le petit dej ensemble dimanche matin on se racontant notre course)

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de mon coté je finis de manger, et histoire de, je vérifie ma lampe; clic, clic? meeeerrrrrddee, la lampe ne s'allume plus !!! bon, elle est neuve, ca ne peut que être les piles!! hum, les piles, celles que j'ai laissées dans mon sac d'assistance, qui est dans la camionnette? oui, celles la !!!

mmmeeeeeeerrrrrdddeeeeee

bon, pas le choix ! j'ai bien une 2eme frontale, mais elle est bcp moins puissante (myo xp belt vs tikka), je pars donc vers la camionnette et annonce que j'ai "oublié" mes piles dans mon sac.

le gars me regarde: "heu, ton sac est dans la camionnette, avec les 400 autres??? bon allez, on va se les faire un par un. " je me sens bien con. le gars est super sympa, mais tous les sacs sont identiques à part le numéro de dossard. au bout de 50 sacs il me demande si je suis sur qu'il est dedans, "oui", je réponds, il repart au turbin.

dans l'attente je joue avec ma frontale, grrr, pourquoi tu as bouffé les piles ??!! clic ! et la lumiere fut....

heu, bon, heu, je vois le gars qui continue à chercher, il n'a pas vu que ma frontale marche, j'ai super honte.

- moi : "bon t'inquiete pas c'est pas grave, je te remercie, c'est super sympa, mais je vais y aller"

- gars: "non non, attends, si tu n'as pas de piles, tu ne vas rien voir, c dangereux"

- moi: "oui c vrai mais heu, pfff, c'est pas si grave, et puis 400 sacs c'est l'horreur"

- gars : "t'inquiete, c'est notre taf d'être la pour vous"

je suis mort de honte ... 

10 min plus tard , il a retourné les 3/4 du camion et "eureka", il a trouvé mon sac !!! je prends qd meme les piles et le lui rends:" merci merci, et encore désolé !!!"

 

je repars vers la sortie du ravito faire le plein de camel et go ! un gars part en même temps que moi, il fait nuit, c'est mieux d'être à 2

j'ai perdu 3 places au général (439eme) mais j'ai gagné 4 places chez les séniors (182eme) : les jeunes prennent leur temps !

      je suis resté 1h35 au ravito, j'ai perdu plein de temps et j'ai failli choper bien froid. "temps perdu" c un grand mot, car ça m'a fait du bien de couper !

 

PARTIE 10 : Cilaos - Marla: 14km, 1150mD+ , 800mD- 3h50 ( 102km, 24h54)

(point 21 à 25)

on traverse cilaos, un 3eme larron nous rejoint, le balisage oscille entre "dur à trouver" et "invisible". on retombe sur la route, on est toujours en train de marcher. je dis "on trotinne?", ils me disent "ben non". bon ciao, je redemarre, rejoins un stand de pointage je repars sur un petit sentier en descente, avec des pierres de temps à autre. 

clic ? grand  noir ! ho, l'electricité a sauté! :o(  je m'arrete au milieu de rien. Heu, ben l'électricité en fait c'est moi, c'est la frontale qui a rendu l'âme :( je tripote la lampe, elle se rallume... je me dis qu'il est temps de sortir la 2eme frontale, mais en fait non, je repars tel quel.

5 min plus tard, clic ! re noire.... je tripote la lampe, elle s'allume à nouveau mais cette fois je prends la fontale de rechange et je la mets EN PLUS de la frontale normale ET du bandeau (!)

j'ai l'air con, mais c'est efficace.

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      (sphinx revival: 2 jambes, 2 bras, 2 phares, 1 bandeau, qui suis-je?)

je rattrape un groupe et on fera un bout de chemin ensemble jusqu'au ravito suivant. Le chemin traverse une riviere/ruissseau à gué, c'est le point bas avant le montée du taibit. On fait 10 m et bipipipipipp, c'est ma montre:

normalement elle fait 2 sortes de bip: un bip simple tous les km, et un biiiiiiiiiiiiiiip toutes les 5min pour que je pense à boire. le bipbpipibipbibp n'est pas normal. je regarde le cadran, et ca se confirme:

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(j'ai pris la photo le dimanche, elle a refait l'interessante)

pas glop: elle reboote et reset !! il est 10:00 le 01/10/05, hum, pas glop, je remets la montre a l'heure et relance le cardio, ok ca à l'air de marcher, j'espere que les données ont bien été enregistrées...

le chemin monte, on entend une route, c'est le ravito, avant la grosse partie de la montée.

ambiane "la folie douce", ca reveille et ca booste, je repars tout seul

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      il fait bien noir dans cette montée du taibit, et il n'y a plus grand monde. je trouve mon rythme, fais une pause à un ravito surprise (super tisane) et continue l'ascension.

mes seuls amis pendant cette grimpette sont les marches

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et une souris coincé entre une marche trp haute pour elle, et moi.

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      elle tournait en rond sans savoir ou aller, c'était mignon.

bon c'est pas tout ça, je repars. je croise un gars qui fait une sieste au bord du chemin. j'espere que je tiendrai le coup suffisement longtemps pour ne pas avoir à dormir sur le chemin. d'ailleurs je trouve ca surprenant car on est à 1h de cilaos, et 45 min de marla, le gars devait être vraiment crevé pour s'arreter la.

un "tout va bien?" suivi d'un "bonne nuit" et je continue ma route. le col est invisible, je n'arrive pas à savoir ou j'en suis. j'essaie de prendre des photos et vidéos, mais ça ne rend rien du tout. bref, y'a pas grand chose à faire, pas grand monde avec qui parler, y'a qu'à avancer, et au final, j'arrive au col

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      je reste un moment au col, je regarde les lumieres coté Cilaos, et les parois coté Mafate (elles se dessinent en noir sur le ciel noir). je profite du moment, dans le noir et seul. 

soudain je sursaute, derriere moi, un gars vient d'arriver sans lampe(!) du coup il sort de nulle part, il m'a fait peur, j'ai le coeur à 250. je me remets des mes émotions et on repart ensemble. on se fait la descente vers Marla, qu'on rejoint tranquillement au bout de 15 20min (30?)

 

PARTIE 11 :Marla -> roche plate  ( 110km, 27h32)

(point 25 à 27)

le ravito est sympa, je prends une soupe et 2 sandwichs. je vois un couple qui part, et je les suis. en fait je pense que c'est une fille et son coach. le fille ne prend aucun relai et reste derriere le gars. sur une partie plus plate, j'accelere et passe devant. etonnement, le gars accélere aussi pour prendre ma roue et la fille suit le mouvement. en fait je suis en train de faire le lièvre :).

on dépasse une 40aines de personne en 3 km (!) on passe dans le fond de la riviere, on traverse a gué en cherchant le balisage dans le nuit.

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finalement, des petits lampions nous indiquent le chemin et on arrive à Trois Roches. il est minuit ! c'est la fête, la musique à fond !!

un coureur est la, il dort contre un arbre, et je me rends compte que moi aussi je commence à avoir sommeil.

je repars avec le couple, on traverse la riviere en suivant une corde qui indique quels sont les cailloux sur lesquels marcher. le gars me demande à nouveau de passer devant, ce que je fais mais je donne un coup de collier: si tu veux que je fasse le lievre, tu participes aussi. je me retourne, il ne suit pas, je pense que la fille n'est pas au mieux à ce moment, elle préfere garder de l'energie pour plus tard (elle est 7eme à ce ravito, elle finira 11eme, chapeau !! 5h derriere moi)

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je cours donc tout seul, et la fatigue devient pesante. je ne pense pas pouvoir tenir jusqu'à deux bras (dans 5h). dans les descentes je ne suis plus tres lucide, mes pas sont hésitants, je sens que je susi en train de risquer la chute. La decision est prise: il faut que je dorme.

2 questions: ou ca? et combien de temps? 

combien de temps: j'ai peur de trop dormir et ne pas arriver à repartir, je choisis 20min ce qui correspond à la durée de mes siestes.

ou ca: hum, la c plus compliqué. l'orga annoncait que les lits étaient a cilaos et 2 bras. mais à marla j'ai vue des lits de camps. je tente donc d'atteindre le ravito suivant (roche plate) en espérant qu'il y a ait des lits.

la descente sur marla est longue, maintenant que j'ai decidé de m"arreter le sommeil devient de plus en plus présent, parfois les yeux se ferment, je fais l'effort de les rouvrir, bref c'est pas top.

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(courir en somnolant, faut pas se louper....)

 

finalement je vois les lumieres, et j'entends le son ! je pointe 292eme, je demande s'il y a des lits.

"heu non, ici c'est le poste médical" merde

"mais il y a des lits de libres, faut voir avec le medecin chef"

le chef est ok, y'a un lit de libre !! je rentre dans la salle, et je reconnais l'endroit: c'etait la, il y'a 5 ans, ou le prof d'anglais de mafate (qui court d'ilets en ilets pour donner les cours) nous avait invité à prendre un thé !!

bon je m'installe sur le lit, je me mets une couverture. je demande au toubib de me reveiller dans 20min. il sort son iphone, tripote 2-3 trucs et me dit ok !

je ferme les yeux, et et rien, je ne dors pas ! ah zut, je me dis que si ca continue, je vais me relever. je pense à ma journée, et environ 4 secondes plus tard, black out.

 

je rouvre les yeux. Le toubib est la. je regarde ma montre, il regarde ses pieds.  je le regarde, il regarde sa collegue, j'ai compris, il sait que j'ai compris. bref, il a oublié de me reveiller.... (c)

d'un air bizarre, il jette un oeil sur l'iphone, et me dit "ooops". "heu, j'ai dormi combien de temps??" il ne sait pas. bon moi non plus, il est 2h30, mais  je n'ai ps fait gaffe à l'heure qu'il était. finalement ca n'a que peu d'importance, j'ai dormi et me suis reveillé tout seul, c'est pas plus mal. j'espere ne pas avoir perdu trop de temps (apres verif le lendemain, j'aurais dormi 30min)

je resors doucement de la salle, sans reveiller les autres coureurs/blesses. dehors il faut tjs nuit (oufff) il fait frais, je remets une couche, et prends une soupe+sandwhich. je suis dans le paté, je ne sais pas ce que ca va donner pour la suite.

je demande au pointage combien je suis: ~330, donc j'ai "perdu" 38 places, c'est pas beaucoup.

je vois un groupe de 4 jeunes qui repart, je décide de les suivre pour ne pas repartir à froid tout seul

je suis parti, il y a 28h, j'aifait 110km,  il reste 51km, 3500D+, 4300D- (ca fera 15h....)

je suis un peu inquiet, dormir c'est bien, mais qu'est ce que ca va donner?

 

Les stats:

l'ecart monte à 2h (je n'ai pas dormi à Cilaos), au nivau classement je continue mon avancé, tout se passe bien :)

 grr2011_stat2.JPG

 

au niveau cardio, RAS, je tourne comme un horloge à 75%FCM comme prévu, tranquillement, sans me fatiguer

everything is under control ! :)

grr2011 cardio2

 

A suivre, la 3eme et derniere partie...

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Published by petit_merou - dans Grand Raid 2011
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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 20:23

et oui, je suis un fou !! ça a pris du temps, 42h54, mais c'est fait!

 

je vais tenter dans ce blog de faire un CR de la course et de vous faire partager la course et mes émotions.

voici le profil, avec des numéros points de passage (site softrun)

profil_GRR_2011.JPG

 

et voici le parcours:

grr2011_parcours.JPG 

il y a 3 articles supplémentaires: entrainement, le matos et la stratégie (ils ne sont pas encore ecrits)

 

pour la faire courte, softrun me prévoit un temps de 35-36h, mais histoire d'assurer  je pars en 39h de course avec 6h de pause, soit 45h. j'ai édité le plan de course sur le site www.softrun.com

 

l'article stratégie détaillera tout cela. l'article matos indiquera ce que je transporte dans le sac, et ce que j'ai mis dans les sacs d'assistance (cilaos et 2 bras). L'article "entrainement" fera la compta de ce que j'ai fait pour pouvoir participer et finir la diagonale.

 

allez, on y va !

 

 

jeudi 13, les sacs sont prets, les boissons sont préparées, je quitte l'hotel à 15h45 pour rejoindre la bus qui nous emmene au départ de la course.

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(c légal tout ça?, ~30 sachets, ca représente environ 30L de boisson, je boirai ~20-25L ).

 

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      ( à partager en 4: une partie sur moi, une dans le sac que je transporte et 2 dans les sacs d'assistance. au départ mon sac devait faire 4-5 kg)

 

il y en a pour 3h de bus. j'ai une gourde d'eau+malto, mais vu le temps de bus, je n'y touche pas de suite. j'ai aussi un carbocake, que je mangerai en attendant le départ (22h)

dans le bus, c'est bonne ambiance, puis, une fois le soleil couché, le silence et le concentration se font. il n'y a plus aucun bruit, un gars s'est allongé dans l'allée pour faire une sieste. la tension monte, il reste 3h avant le départ.

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19h30, le bus arrive à cap méchant, on se dirige alors vers l'entrée du stade.

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un point de controle y est installé, ou il nous est demandé de montrer le matos obligatoire: lampe, couverture de survie, elasto et cie. ouf, j'ai bien tout (manquerait plus que ca vu le nombre de fois ou j'ai fait la vérif à l'hotel)

 

il fait bon, je me sens bien.

 

je m'installe pres du départ, à 2m des hauts parleurs :( je deguste sévère... je mange mon carbocake et je bois le malto, heu, ben non, il est ou?? en fait ma gourde à du tomber qqpart. je refais 3 fois le chemin parcouru sur le stade (je suis sur qu'au contrôle je l'avais encore), mais que dalle, la gourde a disparu. Autant le malto ce n'est pas bien grave, mais c'etait ma gourde "marathon de paris" que j'ai depuis un moment et surtout c'était ma gourde d'eau  "en cas de panne seche".

j'entends à la sono qu'ils ont retrouvé un téléphone et une frontal, je me dirige donc vers le stand pour dire que j'ai perdu mon bidon. Réponse: "hey petit, le tel et frontal c'est important, ton bidon c'est de la blague, y'a des ravitos partout", bon ok, je mourrai de soif, mais avec la lumiere et les sms... pas tres sympa... allez faut trouver une solution alternative.

je fais donc les poubelles à la recherche d'un bouteille plastique de 50cl. j'en trouve une de coca, je la remplis d'eau, ca fera l'affaire.

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21h30, le départ se précise. les gens se tassent sur le ligne, je ne tiens plus assis, je me leve et attends ému que ça démarre. je lis les sms d'encouragement et j'y réponds, je passe un coup de fil, puis je range le téléphone dans le sac. je le reprendrai vers mare à boue. je pense fort à V (merci merci)

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21h59"55 56, 57, 58, 59 22h00 GOOOOOOOOOOOOOOOOOO, on démarre, heu non, ca n'avance pas: on est 2500 à passer sur 3m de large, ca bouchonne :)

 

PARTIE 1: st-philippe - Kiosque basse vallée: 15km, 670mD+, 35D-, 1h58

      (point 0 à 4 sur le profil)

 

finalement, c'est parti dans les rues de St-philippe! les gens sont partis vite. de mon coté, ma "stratégie" est d'avancer assez vite, pour avoir peu de monde devant moi dans l'ascension du volcan, mais sans y laisser d'énergie. 15km et 800m D+ nous en séparent, je pars sur 80% FCM. j'essaie de réaliser que, ça y est, j'y suis, à la réunion et le participe au grand raid. ça semble irréel. Sur les cotés de la route, bcp bcp de monde sont présent, c'est vraiment sympa.

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le début de la course est tranquille, je trotinne et marche quand le cardio dépasse 80%. je dépasse des gens, d'autres me dépassent, je ne m'inquiete pas, ma stratégie est tres claire et tres simple à suivre: 80%max  jusqu'au kiosque, puis 75% ensuite.

 

je tourne à 8'40-50 au km (~7,5 km/h) tranquille.

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à un moment j'entends "Samuel?", je me retourne c'est Florent, un ancien collegue que j'avais croisé la veille lors de la remise des dossards, chapeau de m'avoir reconnu en habit de course. On commence alors à trotinner ensemble en discutant. Il court avec 2 amis, Guillaume et Frédéric, mais il les a perdus en chemin.

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Et on arrive au 1er ravito: Kiosque basse vallée en 1h58, je suis alors 1070eme (je ne le sais pas). finalement je ne suis pas allé si vite que ça, mais à refaire, je referais pareil: je suis bien, je me sens frais pour la montée. et puis finalement ca ne bouchonnait pas tant que ça sur le volcan

 

Je fais le plein du camel + bidon, me melange les pinceaux avec les sachets de poudre (je prends ceux de focfoc) mais bon je m'en sors. je grignotte également 2-3 bricolles: raisin, tuc. Pendant ce temps Florent cherche ses 2 potes mais ne les trouve pas. on repart à 2, pour une grooosse montée vers le volcan.


PARTIE 2: Kiosque basse vallée - FocFoc: 8km, 1665mD+, 35D-, 3h44 (23km, 2350D+, 75D-, 5h42)

(point 4 à 6 sur le profil)

cette montée est raide: 1700mD+ en 8km, ca ressemble à la 1ere montée du tour du beaufortain. Je me souviens de mes erreurs (j'étais monté trop vite, et je l'avais payé par la suite)

la montée se fait à la queue leu leu, dans chemins tres étroits, avec de la boue, et des racines. on marche comme en rando; je dépasse des gens, sans forcer, je sais que la montée est longue, j'ai tout mon temps. Sur une partie un peu plus roulante (façon de parler), je passe devant Florent et continue l'ascension. 

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je me retourne, et une paire de frontal m'appelle "Samuel ? le pote Florent?": c'est les 2 amis de Florent ! en fait on est tous la ! c sympa. je continue tout seul, le groupe de 3 étant 10-15 secondes derriere moi. on ne se reverra plus.

jusqu'a maré a boue on sera dans la meme minute ou presque, sans se voir, et sans le savoir

 

 

la tension monte également: 1 couple et une fille s'embrouillent pour une histoire de dépassement qui a géné l'autre. ca dure bien 2-3 minutes, y'en a qui ont de l'énergie à révendre, la course est encore bien longue.

on commence à quitter la foret, les arbres deviennent bas, la temperature aussi. je suis parti en t-shirt manche longue (le fameux x-bionic qui me suit partout) mais il commence à faire frais. prendre un coup de froid sur le bide étant une des choses que je redoute le plus, je mets le buff "sainté lyon 2010", et me rend compte que j'ai perdu l'autre "2008" (j'en avais 2, j'ai du le perdre sur le stade....) et je mets également une polaire légère à manche longue. je ne m'arrete pas car je perdrais au moins 20 places et ce serait pénible de relancer, je m'habille donc en marchant.

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sur les cotés, des coureurs sont arretés, ils font des etirements (!! good luck, il reste 140km....)

      il n'y a presque plus de végétation, le vent souffle un peu, je mets la gore tex. Coté jambes je suis en short, mais ça va, la montée réchauffe.

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on passe un point d'inflexion, la pente d'adoucit, je trotinne, dépasse ~10-20 personnes. il commence à faire vraiment tres froid avec du vent (on me dira qu'il faisait 2°), je n'ai pas de gants, je me gèle...

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heureusement le ravito de focfoc arrive, ouf, je vais pouvoir me réchauffer, un peu. 

je suis 959eme, j'ai gagné 111 places depuis le kiosque.

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PARTIE 3: FocFoc - route du volcan: 7km, 0mD+, 0D-, 55min (31km, 2333D+, 75D-, 6h37)

Je refais le plein, je crois me souvenir que j'ai pris une soupe, mais je ne suis pas sur. en tout cas je me suis réchauffé, je repars. 

lors du stop, l'equipe de Florent , Guillaume et Frédéric me dépassent, mais je n'ai rien vu et eux non plus.

partie facile, je trottine, me réchauffe, pas grand chose à dire  

j'arrive au ravito en 952eme position 

j'attaque le sandwich au jambon et paté (un régal) !! j'en prendrais chaque fois que j'en verrais

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PARTIE 4:  route du volcan - piton textor : 10km, 1h30, (40km, 8h05)

 cette partie est plus sympa, on court dans du sable, et on remonte sur l'oratoire saint thérèse. je me retourne, on voit le soleil qui de lève (!) et une file de frontale qui arrive du volcan. c'est beau ! j'essaye de prendre une photo, mais il n'y a pas assez de lumière. ca ne rend rien.

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coté sensation, tout est au vert, nickel, je viens de finir ma premiere nuit. c'est con, mais voir le soleil qui se lève me redonne du punch (c'est la premiere course que je fais ou je passe la nuit dehors. Je ne compte pas la saintélyon, car elle se fait entierement de nuit). ce "soulagement' de voir le soleil se lever, je le ressentirai encore plus samedi matin apres mafate.

 

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      j'enleve le buff et mets le bandeau en mousse (no sex, mais pas de sueur dans les yeux ! bon franchement je ressemblais à rien avec ce truc, mais ça a été super efficace ! quand on a des lentilles c un vrai plus )

on passe un col, wahoo, on a la vue sur l'autre coté de l'ile: plaine de cafre, piton des neiges et et et, le ciel bleu ! c'est magique, il fait beau, on va se régaler.

 

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la descente au piton textor est casse-gueule: ca glisse, et ya plein de petits cailloux et rochers. au final il faut tjs etre lucide pour ne pas faire de fautes.

on arrive au ravito, un gars est allongé par terre, dans une couverture de survie, les secours à coté de lui. Ca me refroidit (je crois que le gars en question est la : lien).

une petite remontée et hop, nous voici au ravito du piton textor, avec une ambiance de foliiiiiiiie !!!

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je suis 872eme, 80 places de gagnées (je ne sais pas ou, peut etre des abandons). j'en suis à 8h de course, soit presque 2h d'avance (?!). le fait d'avoir pris un plan de route large (45h) fait que je suis tjs en avance, ça m'a fait bcp de bien. j'avais toujours une marge au cas ou.

j'enleve la gore tex, la frontal, mange un coup, et repart vers mare à boue, la bien nommée....

 

 

 

PARTIE 5 : piton textor - mare à boue : 10km, 1h27, (50km, 9h32)

(point 10 à 12)

le paysage change radicalement, on est dans des prés tout verts, avec des vaches (normandie). au loin on voit le piton des neiges, et une mer de nuages. le ciel est bleu, c'est vraiment motivant. au sol par contre, la boue commence à apparaitre.

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sur mon sac, balotte mon arme secrete: les yacktraks !!! je m'arrete, les mets aux pieds devant des coureurs intrigués, et repart au galop !

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(le bandeau, ça va pas à tout le monde...)

succes mitigé, la boue est epaisse, et les yacktraks n'aggripent pas (je "botte", pour les connaisseurs), c'est un échec. On arrive sur une route, je les enleve. la boue reste dessus, je cours mnt avec 1kg de boue accrochée à mon sac, qui degueulasse tout ce qui est à coté: le short, le sac, la casquette, le x-bionic (noooooon, pas le x bionic !!!!)

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a partir de la route on est sur un terrain facile, je relance tranquillou à 10-12km/h, je suis facile, les jambes répondent bien, je me sens frais. les gens sur le bords du chemin annoncent que le ravito n'est plus tres loin, je mets un petit coup de collier, et hop, maré à boue me voila !

PA140200.JPGPA140201.JPGPA140203.JPG t'es vraiment sur pour le bandeau?

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je suis 715eme, il 7h30 du matin on en est à 9h30 de course, pour 11h prévues.

sur ce ravito, le drame !!!!! en prenant le bidon pour le recharger, je fais sauter la pipette (le petit truc bleu au dessus de la paille), impossible de le retrouver dans l'herbe. bon on fera sans. mais c chiant: cette pipette empechait l'eau de ressortir du bidon, la qd je cours, elle sort, et pire, qd je me penche, elle coule sur les genoux....

je tente de prendre celle du camel, erreur de débutant; ca coule en continue, l'arrivée d'eau etant plus bas que le niveau d'eau du camel.... je garde donc le bidon sans pipette.

au ravito je prends une soupe (2?) des gateaux, à manger et peut être du poulet (pas sur), je reste un peu assis sur un lit de camp (c'est l'armée qui gere le ravito, c'est tres bien fait).  je sens que les ischios ne sont pas loin de la crampe (??zut!!) mais ça tient.

je reste 15min en tout et je repars, vers l'enfer  !!!  :o) non, pas d'inquiétude, ça s'est bien passé :))

 

PARTIE 6 :mare à boue - Hellbourg:  21 km, 4h50 (71km, 14h23)

(point 12 à 17)

dans mare à boue, il y a boue, et dans Hellbourg, il y a hell, ca promet.....

 

21km en 4h50, vache, ca va pas bien vite....

bref (c), on part de mare à boue sur un chemin en terre battue, puis rapidement on se retrouve en sous-bois
le terrain est très gras, car il a plu les jours précédent. ca glisse, ca alourdit les chaussures, et surtout ca salit mes belles moon race bleues :o(

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il me revient en mémoire, une phrase de l'organisation, au départ à st philippe: "entre bebourg et belouve, le chemin est quasi impraticable, il y a de la boue jusqu'au genou. on va donc probablement passer par 15km de route pour contourner cette partie". on n'est pas encore dans cette partie, ouf, car ca semblait dantesque.

le chemin monte puis descend à pics. il faut s'aider des mains pour s'accrocher aux arbres pour ne pas tomber.
Depuis un moment je suis avec un suisse, on discute de tout et de rien. A un moment, en descendant, ma cheville reste coincée en arrière, mais ouf, elle se se dégage avant qu'il n'y ait du dégât. il m'explique alors ce qu'il a vécu:
il y a 6 ans (en 2005) il part courir en foret, son pied reste coincés dans un trou, et son corps continue a avancer, crac, le genou plie à l'envers! il est seul, pas de téléphone, il vas jusqu'a sa voiture sur une patte (et en morflant), puis il rentre chez lui en voiture, en s'aider des mains pour débrayer (olé !)
son toubib, lui dit "c mort, il faut tout ouvrir, tout opérer, puis on verra comment vous faire marcher", pas convaincu, il part voir un autre toubib: a prori pas besoin d'opérer, par contre, votre genou est très faible (croisé ko je crois) il faut muscler les cuisses pour qu'elles tiennent le genou. bilan, 4 marathon plus tard, il en est à son 5eme grand raid, respect !!!!! un grand coup de chapeau car ces 5 années n'ont pas du être faciles tous les jours.

il me dit que l'an dernier il avait fini en 50heures et que la il est plus rapide, sur une base de 48.
humm, 48, c'est pas bon, faut j'accélère un peu.

À la fin de la grande descente, on tombe sur la route, sa copine l'attend, je file.
sur la route, je suis bien, je relance la machine, mais tout seul: en fait, et c'est plutôt étonnant, le profil du raideur est plutôt un randonneur +++ (du moins dans le groupe ou j'étais) qu'un coureur: je suis le seul à courir, les autres marchent.


13km de route, je vais gagner plein de temps et dépasser plein de monde.

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un bénévole me coupe dans mon élan (le cousin du caribou) et nous envoie dans la forêt.

Là la boue est telle qu'il y a des rondins et des planches de bois sur le chemin. faut être vigilant car le rondin glisse, faut parfois sauter de planche en planche.

une erreur et c'est le pied dans le boue (y'en a qui y ont laisser leur chaussure, et leur capteur gps !!). le gars qui court devant moi en fait l'amere expérience:  2 sauts de cabri, un grand "nooon", un plouf, et un grand "mmmmmmmeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee....." de la boue jusqu'au cheville.

mis a part la boue, le chemin est rigolo: ca monte, ca descend, on passe une riviere en passant sur de gros rochers, puis on remonte. C'est une forêt primaire, on ne voit pas a plus de 3 m dans les feuillages.

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en haut de la montée, y'a un blême: « hey ho les gars, remettez les rondins !! » en effet, la boue est la, toute nue, sans protection. n'ayant pas envie de marcher dedans, je passe sur le bord du sentier la ou la boue est moins profonde.
ca continue un peu comme ca et hop, on retrouve la route

go go go, à moi les 13 km de route.

hum, 100m plus tard, un bénévole, nous refait passer dans le foret, en nous disant "le ravito est au bout du chemin"
merci mec, hellbourg me voila, cette partie est passée relativement vite, bizarre qd meme.

le chemin est à nouveau boueux, mais avec plusieurs sortes de boue:
- la boue tassée: elle glisse, mais elle est compacte, faut bien viser mais on ne s'enfonce pas
- la boue épaisse et collante: elle fait bien 10cm d'epaisseur, qd on marche dedans, il faut forcer pour sortir, et on recuperer 2 kg de boue sur la chaussure. ce qui est prratique, c'est qu'on peut marcher dans les traces des précédents.
- la  boue mouillée: elle fait pfouic qd on marche dedans, les empreintes s'effacent rapidement
- l'eau boueuse: c'est comme de l'eau marron, degeu, aucune possibilité d'y échapper, elle rentre dans le chaussure de tous les cotés, et te gèle les pieds

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(étude de cas: quelle est cette boue, et comment passer sans se salir les chaussures)


toute en pensant à rester souple, je rattrape un groupe, je leur demande "hey les gars, c'est encore long  ?
"au moins 1h30 me repond l'un d'eux"  ok les gars, qd on n'y connait rien, on ne répond pas. je profite d'un coin plus large, je dépasse en passant dans le boue (la tassée, facile) et je repars.
je rattrape un autre groupe, ils sont 15-20 à la queue leu leu, et semblent être du coin, je reconnais l'accent réunionnais: "hey les gars, vous allez rire, on vient de me raconter qu'il restait encore 1h30 la dedans"
la réponse fuse "1h30, si t'es rapide"
"ben et la route qui devait contourner ca?
"hahaha, changement de programme"
gasp
<blanc>


j'évacue la possibilité d'un complot et me rend à l'évidence, le chemin quasi impraticable, on est dessus. pas de route en bitume pour s'échapper.
"vrrommmm"
"mais j'entends une route, avec une voiture??" dis-je avec -un peu- d'espoir
"oui on longe la route, mais y'a bien 1h30 de boue"
1h30 ? ça va être long.
je reste à l'arriere du groupe, en regardant les pieds du gars devant moi, et j'avance machinalement. les gars doivent être des fans d'Omar et Fred "le SAV des émissions", 15 fois en 10 minutes j'ai droit à "DRRRIINNNNG", "oui allo ?", "allo?", "allo?", ça lasse....

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1h30 comme ça? c'est pas possible, je décide donc de moins subir, et d'accélérer pour reduire le temps (E = Mc2).
accélérer est un grand mot, la boue est tres fatiguante, pour un gain de vitesse plus que modéré. je reste donc en attente, et je cours, sur qqes metres, des que le terrain le permet.
je gagne pas mal de place mais je suis frustré de faire des tous petits pas pour ne pas tomber.
mais je tombe qd meme, sur le coté! short degueue, la casquette accrochée au sac est plein de boue, mes mains sont crades, fait ch....... mais ca ne sert à rien "dans la boue, personne ne vous entendra crier" (c)
un peu résigné, je repars, et finalement j'en prends mon parti: ok y'a de la boue, ben c'est comme ca, tout le monde en aura. tu t'entraines depuis des mois, tu t'es inscrit, t'as fait 10000 bornes d'avion, t'es là, c'est pas la boue qui va te pourir le moral. c'est la course, c'est le sport, déja il pleut pas, profite  !!

PA140224.JPGon t'a dit de profiter:o))



ce changement de "mentalité", accepter plutot que lutter, m'a fait rester frais. j'avancais désormais l'esprit libre, et j'en venais à rigoler qd des passages tendus étaient à franchir (15m d'eau boueuse)

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même si j'ai trouvé le passage treeeees looooooong, je n'ai pas trop grillé de gaz ni mental ni physique.

au milieu du sentier, hop, un photographe (chapeau, de t'être installé la....). je suis concentré, et enleve rapidement mon bandeau: oui, on peut être en pleine course, et rester coquet !

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finalement tout a une fin, et apres une petit escalier en bois, on remonte sur une route, la délivrance .....


Je me remémore le bénévole, et son "le ravito est au bout du chemin", ahaha, il aurait juste pu rajouter qu’il y a 1h30 avant d’atteindre le bout du chemin. Je ne sais pas trop combien de temps j’ai marché dans la gadoue, faudrait que je vérifier sur le cardio…

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(des lafuma moon race bleues sont dissimulées dans cette photo, sauras tu les retrouver?)

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Le ravito n'est pas prévu dans mon plan de marche, ouf, car ils avaient un pbm d'alimentation en eau: on était rationné. je prends 2 3 bricoles et je repars en courant.
oui en courant !! 1h30-2h à marcher m'a redonné un surplus d'énergie. bcp de concurrents ont l'air à plat, anéantis apres ce passage (de fait bcp abandonneront), je me sens bien et caracole jusqu'au gite de belouve.

PA140232.JPG

y'a encore un photographe ! surpris, j'oublie d'enlever mon bandeau. trop tard, ma tête de winner est dans la boite.... il va me falloir rester concentré pour eviter les moqueries!)

05_11365876_lite.JPG comment ça je ressemble à rien??
      
derriere le gite, une grosse descente, je suis chaud, je pars en trombe.

 

devant moi 2 gars qui descendent tranquillement, en discutant en réunionnais. je crois comprendre le dialogue suivant:

- y a un gars derriere qui veut passer, 

- haha, il est bien pressé, il va deguster dans le bloc (descente vers cilaos, point 19-21)

- ok, on va jouer

le premier gars laisse passer le deuxieme, qui part à fond! chaud comme la braise, j'accepte le défi et descend à fond, c'est l'éclate !! on dépasse plein de coureurs qui marchent, assez etonnés de voir 2 guignols descendre comme ça. apres qqes minute, le gars me distance, et je reviens d'un coup à la raison "hey gars, t'es à 15h de course, à 70 km, il te reste plus du double", je laisse partir le bonhomme: "ciao tu vas trop vite !" il se retourne en rigolant et en me souhaitant bonne course. je me mets alors à trotinner puis marcher. je me sens bien physiquement mais je me rends compte qu'il ne faut pas disjoncter mentalement, la course est tres longue, il faut préserver la machine.

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j'arrive dans Hellboug, à nouveau il y a plein de monde sur la route, et j'arrive au ravito. je prévois de faire une pause plus longue,  lire les sms, y répondre, passer un coup de fil. c'est le ravito "regonfler le moral avant le cap anglais".

 

je me sens frais, je me sens bien, je suis completement dans la course. 

sur le coté de la route, une spectatrice pas effrayée par mon look bandeau+boue me propose de me prendre en photo. j'accepte volontier, et voila l'athlete !

(on remarquera que meme apres 12 h de course, je fais l'effort de mettre le bandeau correctement, avec le logo devant)

 PA140238.JPG

      (t'as le look, coco)

heure:  12h23, j'ai perdu toute l'avance que j'avais (1h30)..... cette partie a été difficile. je suis à nouveau sur 45h

temps de course: 14h23 (reste 28h30...)

distance: 71 km ( reste 91 km)

deniv: 3100D+, 2150D-

je suis 549eme.

 

grr2011_depart-hellbourg.JPG

je rajoute la tableau de suivi entre le temps théorique (softrun pour 45h) et le temps réel. j'ai jusqu'à 1h20 d'avance, puis je perds 1h dans la boue :)
on voir aussi la progression au niveau des places (ca donne un chouette coup de boost à chaque ravito
grr2011 stat1
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Published by petit_merou - dans Grand Raid 2011
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