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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 20:23

et oui, je suis un fou !! ça a pris du temps, 42h54, mais c'est fait!

 

je vais tenter dans ce blog de faire un CR de la course et de vous faire partager la course et mes émotions.

voici le profil, avec des numéros points de passage (site softrun)

profil_GRR_2011.JPG

 

et voici le parcours:

grr2011_parcours.JPG 

il y a 3 articles supplémentaires: entrainement, le matos et la stratégie (ils ne sont pas encore ecrits)

 

pour la faire courte, softrun me prévoit un temps de 35-36h, mais histoire d'assurer  je pars en 39h de course avec 6h de pause, soit 45h. j'ai édité le plan de course sur le site www.softrun.com

 

l'article stratégie détaillera tout cela. l'article matos indiquera ce que je transporte dans le sac, et ce que j'ai mis dans les sacs d'assistance (cilaos et 2 bras). L'article "entrainement" fera la compta de ce que j'ai fait pour pouvoir participer et finir la diagonale.

 

allez, on y va !

 

 

jeudi 13, les sacs sont prets, les boissons sont préparées, je quitte l'hotel à 15h45 pour rejoindre la bus qui nous emmene au départ de la course.

PA120072.JPG

(c légal tout ça?, ~30 sachets, ca représente environ 30L de boisson, je boirai ~20-25L ).

 

 PA130078-copie-2.JPG

      ( à partager en 4: une partie sur moi, une dans le sac que je transporte et 2 dans les sacs d'assistance. au départ mon sac devait faire 4-5 kg)

 

il y en a pour 3h de bus. j'ai une gourde d'eau+malto, mais vu le temps de bus, je n'y touche pas de suite. j'ai aussi un carbocake, que je mangerai en attendant le départ (22h)

dans le bus, c'est bonne ambiance, puis, une fois le soleil couché, le silence et le concentration se font. il n'y a plus aucun bruit, un gars s'est allongé dans l'allée pour faire une sieste. la tension monte, il reste 3h avant le départ.

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19h30, le bus arrive à cap méchant, on se dirige alors vers l'entrée du stade.

 PA130094.JPG

un point de controle y est installé, ou il nous est demandé de montrer le matos obligatoire: lampe, couverture de survie, elasto et cie. ouf, j'ai bien tout (manquerait plus que ca vu le nombre de fois ou j'ai fait la vérif à l'hotel)

 

il fait bon, je me sens bien.

 

je m'installe pres du départ, à 2m des hauts parleurs :( je deguste sévère... je mange mon carbocake et je bois le malto, heu, ben non, il est ou?? en fait ma gourde à du tomber qqpart. je refais 3 fois le chemin parcouru sur le stade (je suis sur qu'au contrôle je l'avais encore), mais que dalle, la gourde a disparu. Autant le malto ce n'est pas bien grave, mais c'etait ma gourde "marathon de paris" que j'ai depuis un moment et surtout c'était ma gourde d'eau  "en cas de panne seche".

j'entends à la sono qu'ils ont retrouvé un téléphone et une frontal, je me dirige donc vers le stand pour dire que j'ai perdu mon bidon. Réponse: "hey petit, le tel et frontal c'est important, ton bidon c'est de la blague, y'a des ravitos partout", bon ok, je mourrai de soif, mais avec la lumiere et les sms... pas tres sympa... allez faut trouver une solution alternative.

je fais donc les poubelles à la recherche d'un bouteille plastique de 50cl. j'en trouve une de coca, je la remplis d'eau, ca fera l'affaire.

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21h30, le départ se précise. les gens se tassent sur le ligne, je ne tiens plus assis, je me leve et attends ému que ça démarre. je lis les sms d'encouragement et j'y réponds, je passe un coup de fil, puis je range le téléphone dans le sac. je le reprendrai vers mare à boue. je pense fort à V (merci merci)

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21h59"55 56, 57, 58, 59 22h00 GOOOOOOOOOOOOOOOOOO, on démarre, heu non, ca n'avance pas: on est 2500 à passer sur 3m de large, ca bouchonne :)

 

PARTIE 1: st-philippe - Kiosque basse vallée: 15km, 670mD+, 35D-, 1h58

      (point 0 à 4 sur le profil)

 

finalement, c'est parti dans les rues de St-philippe! les gens sont partis vite. de mon coté, ma "stratégie" est d'avancer assez vite, pour avoir peu de monde devant moi dans l'ascension du volcan, mais sans y laisser d'énergie. 15km et 800m D+ nous en séparent, je pars sur 80% FCM. j'essaie de réaliser que, ça y est, j'y suis, à la réunion et le participe au grand raid. ça semble irréel. Sur les cotés de la route, bcp bcp de monde sont présent, c'est vraiment sympa.

 PA130113.JPG

le début de la course est tranquille, je trotinne et marche quand le cardio dépasse 80%. je dépasse des gens, d'autres me dépassent, je ne m'inquiete pas, ma stratégie est tres claire et tres simple à suivre: 80%max  jusqu'au kiosque, puis 75% ensuite.

 

je tourne à 8'40-50 au km (~7,5 km/h) tranquille.

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à un moment j'entends "Samuel?", je me retourne c'est Florent, un ancien collegue que j'avais croisé la veille lors de la remise des dossards, chapeau de m'avoir reconnu en habit de course. On commence alors à trotinner ensemble en discutant. Il court avec 2 amis, Guillaume et Frédéric, mais il les a perdus en chemin.

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Et on arrive au 1er ravito: Kiosque basse vallée en 1h58, je suis alors 1070eme (je ne le sais pas). finalement je ne suis pas allé si vite que ça, mais à refaire, je referais pareil: je suis bien, je me sens frais pour la montée. et puis finalement ca ne bouchonnait pas tant que ça sur le volcan

 

Je fais le plein du camel + bidon, me melange les pinceaux avec les sachets de poudre (je prends ceux de focfoc) mais bon je m'en sors. je grignotte également 2-3 bricolles: raisin, tuc. Pendant ce temps Florent cherche ses 2 potes mais ne les trouve pas. on repart à 2, pour une grooosse montée vers le volcan.


PARTIE 2: Kiosque basse vallée - FocFoc: 8km, 1665mD+, 35D-, 3h44 (23km, 2350D+, 75D-, 5h42)

(point 4 à 6 sur le profil)

cette montée est raide: 1700mD+ en 8km, ca ressemble à la 1ere montée du tour du beaufortain. Je me souviens de mes erreurs (j'étais monté trop vite, et je l'avais payé par la suite)

la montée se fait à la queue leu leu, dans chemins tres étroits, avec de la boue, et des racines. on marche comme en rando; je dépasse des gens, sans forcer, je sais que la montée est longue, j'ai tout mon temps. Sur une partie un peu plus roulante (façon de parler), je passe devant Florent et continue l'ascension. 

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je me retourne, et une paire de frontal m'appelle "Samuel ? le pote Florent?": c'est les 2 amis de Florent ! en fait on est tous la ! c sympa. je continue tout seul, le groupe de 3 étant 10-15 secondes derriere moi. on ne se reverra plus.

jusqu'a maré a boue on sera dans la meme minute ou presque, sans se voir, et sans le savoir

 

 

la tension monte également: 1 couple et une fille s'embrouillent pour une histoire de dépassement qui a géné l'autre. ca dure bien 2-3 minutes, y'en a qui ont de l'énergie à révendre, la course est encore bien longue.

on commence à quitter la foret, les arbres deviennent bas, la temperature aussi. je suis parti en t-shirt manche longue (le fameux x-bionic qui me suit partout) mais il commence à faire frais. prendre un coup de froid sur le bide étant une des choses que je redoute le plus, je mets le buff "sainté lyon 2010", et me rend compte que j'ai perdu l'autre "2008" (j'en avais 2, j'ai du le perdre sur le stade....) et je mets également une polaire légère à manche longue. je ne m'arrete pas car je perdrais au moins 20 places et ce serait pénible de relancer, je m'habille donc en marchant.

PA140131

sur les cotés, des coureurs sont arretés, ils font des etirements (!! good luck, il reste 140km....)

      il n'y a presque plus de végétation, le vent souffle un peu, je mets la gore tex. Coté jambes je suis en short, mais ça va, la montée réchauffe.

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on passe un point d'inflexion, la pente d'adoucit, je trotinne, dépasse ~10-20 personnes. il commence à faire vraiment tres froid avec du vent (on me dira qu'il faisait 2°), je n'ai pas de gants, je me gèle...

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heureusement le ravito de focfoc arrive, ouf, je vais pouvoir me réchauffer, un peu. 

je suis 959eme, j'ai gagné 111 places depuis le kiosque.

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PARTIE 3: FocFoc - route du volcan: 7km, 0mD+, 0D-, 55min (31km, 2333D+, 75D-, 6h37)

Je refais le plein, je crois me souvenir que j'ai pris une soupe, mais je ne suis pas sur. en tout cas je me suis réchauffé, je repars. 

lors du stop, l'equipe de Florent , Guillaume et Frédéric me dépassent, mais je n'ai rien vu et eux non plus.

partie facile, je trottine, me réchauffe, pas grand chose à dire  

j'arrive au ravito en 952eme position 

j'attaque le sandwich au jambon et paté (un régal) !! j'en prendrais chaque fois que j'en verrais

      PA140143.JPG

PARTIE 4:  route du volcan - piton textor : 10km, 1h30, (40km, 8h05)

 cette partie est plus sympa, on court dans du sable, et on remonte sur l'oratoire saint thérèse. je me retourne, on voit le soleil qui de lève (!) et une file de frontale qui arrive du volcan. c'est beau ! j'essaye de prendre une photo, mais il n'y a pas assez de lumière. ca ne rend rien.

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coté sensation, tout est au vert, nickel, je viens de finir ma premiere nuit. c'est con, mais voir le soleil qui se lève me redonne du punch (c'est la premiere course que je fais ou je passe la nuit dehors. Je ne compte pas la saintélyon, car elle se fait entierement de nuit). ce "soulagement' de voir le soleil se lever, je le ressentirai encore plus samedi matin apres mafate.

 

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      j'enleve le buff et mets le bandeau en mousse (no sex, mais pas de sueur dans les yeux ! bon franchement je ressemblais à rien avec ce truc, mais ça a été super efficace ! quand on a des lentilles c un vrai plus )

on passe un col, wahoo, on a la vue sur l'autre coté de l'ile: plaine de cafre, piton des neiges et et et, le ciel bleu ! c'est magique, il fait beau, on va se régaler.

 

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la descente au piton textor est casse-gueule: ca glisse, et ya plein de petits cailloux et rochers. au final il faut tjs etre lucide pour ne pas faire de fautes.

on arrive au ravito, un gars est allongé par terre, dans une couverture de survie, les secours à coté de lui. Ca me refroidit (je crois que le gars en question est la : lien).

une petite remontée et hop, nous voici au ravito du piton textor, avec une ambiance de foliiiiiiiie !!!

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je suis 872eme, 80 places de gagnées (je ne sais pas ou, peut etre des abandons). j'en suis à 8h de course, soit presque 2h d'avance (?!). le fait d'avoir pris un plan de route large (45h) fait que je suis tjs en avance, ça m'a fait bcp de bien. j'avais toujours une marge au cas ou.

j'enleve la gore tex, la frontal, mange un coup, et repart vers mare à boue, la bien nommée....

 

 

 

PARTIE 5 : piton textor - mare à boue : 10km, 1h27, (50km, 9h32)

(point 10 à 12)

le paysage change radicalement, on est dans des prés tout verts, avec des vaches (normandie). au loin on voit le piton des neiges, et une mer de nuages. le ciel est bleu, c'est vraiment motivant. au sol par contre, la boue commence à apparaitre.

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sur mon sac, balotte mon arme secrete: les yacktraks !!! je m'arrete, les mets aux pieds devant des coureurs intrigués, et repart au galop !

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(le bandeau, ça va pas à tout le monde...)

succes mitigé, la boue est epaisse, et les yacktraks n'aggripent pas (je "botte", pour les connaisseurs), c'est un échec. On arrive sur une route, je les enleve. la boue reste dessus, je cours mnt avec 1kg de boue accrochée à mon sac, qui degueulasse tout ce qui est à coté: le short, le sac, la casquette, le x-bionic (noooooon, pas le x bionic !!!!)

 PA140197.JPG

a partir de la route on est sur un terrain facile, je relance tranquillou à 10-12km/h, je suis facile, les jambes répondent bien, je me sens frais. les gens sur le bords du chemin annoncent que le ravito n'est plus tres loin, je mets un petit coup de collier, et hop, maré à boue me voila !

PA140200.JPGPA140201.JPGPA140203.JPG t'es vraiment sur pour le bandeau?

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je suis 715eme, il 7h30 du matin on en est à 9h30 de course, pour 11h prévues.

sur ce ravito, le drame !!!!! en prenant le bidon pour le recharger, je fais sauter la pipette (le petit truc bleu au dessus de la paille), impossible de le retrouver dans l'herbe. bon on fera sans. mais c chiant: cette pipette empechait l'eau de ressortir du bidon, la qd je cours, elle sort, et pire, qd je me penche, elle coule sur les genoux....

je tente de prendre celle du camel, erreur de débutant; ca coule en continue, l'arrivée d'eau etant plus bas que le niveau d'eau du camel.... je garde donc le bidon sans pipette.

au ravito je prends une soupe (2?) des gateaux, à manger et peut être du poulet (pas sur), je reste un peu assis sur un lit de camp (c'est l'armée qui gere le ravito, c'est tres bien fait).  je sens que les ischios ne sont pas loin de la crampe (??zut!!) mais ça tient.

je reste 15min en tout et je repars, vers l'enfer  !!!  :o) non, pas d'inquiétude, ça s'est bien passé :))

 

PARTIE 6 :mare à boue - Hellbourg:  21 km, 4h50 (71km, 14h23)

(point 12 à 17)

dans mare à boue, il y a boue, et dans Hellbourg, il y a hell, ca promet.....

 

21km en 4h50, vache, ca va pas bien vite....

bref (c), on part de mare à boue sur un chemin en terre battue, puis rapidement on se retrouve en sous-bois
le terrain est très gras, car il a plu les jours précédent. ca glisse, ca alourdit les chaussures, et surtout ca salit mes belles moon race bleues :o(

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il me revient en mémoire, une phrase de l'organisation, au départ à st philippe: "entre bebourg et belouve, le chemin est quasi impraticable, il y a de la boue jusqu'au genou. on va donc probablement passer par 15km de route pour contourner cette partie". on n'est pas encore dans cette partie, ouf, car ca semblait dantesque.

le chemin monte puis descend à pics. il faut s'aider des mains pour s'accrocher aux arbres pour ne pas tomber.
Depuis un moment je suis avec un suisse, on discute de tout et de rien. A un moment, en descendant, ma cheville reste coincée en arrière, mais ouf, elle se se dégage avant qu'il n'y ait du dégât. il m'explique alors ce qu'il a vécu:
il y a 6 ans (en 2005) il part courir en foret, son pied reste coincés dans un trou, et son corps continue a avancer, crac, le genou plie à l'envers! il est seul, pas de téléphone, il vas jusqu'a sa voiture sur une patte (et en morflant), puis il rentre chez lui en voiture, en s'aider des mains pour débrayer (olé !)
son toubib, lui dit "c mort, il faut tout ouvrir, tout opérer, puis on verra comment vous faire marcher", pas convaincu, il part voir un autre toubib: a prori pas besoin d'opérer, par contre, votre genou est très faible (croisé ko je crois) il faut muscler les cuisses pour qu'elles tiennent le genou. bilan, 4 marathon plus tard, il en est à son 5eme grand raid, respect !!!!! un grand coup de chapeau car ces 5 années n'ont pas du être faciles tous les jours.

il me dit que l'an dernier il avait fini en 50heures et que la il est plus rapide, sur une base de 48.
humm, 48, c'est pas bon, faut j'accélère un peu.

À la fin de la grande descente, on tombe sur la route, sa copine l'attend, je file.
sur la route, je suis bien, je relance la machine, mais tout seul: en fait, et c'est plutôt étonnant, le profil du raideur est plutôt un randonneur +++ (du moins dans le groupe ou j'étais) qu'un coureur: je suis le seul à courir, les autres marchent.


13km de route, je vais gagner plein de temps et dépasser plein de monde.

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un bénévole me coupe dans mon élan (le cousin du caribou) et nous envoie dans la forêt.

Là la boue est telle qu'il y a des rondins et des planches de bois sur le chemin. faut être vigilant car le rondin glisse, faut parfois sauter de planche en planche.

une erreur et c'est le pied dans le boue (y'en a qui y ont laisser leur chaussure, et leur capteur gps !!). le gars qui court devant moi en fait l'amere expérience:  2 sauts de cabri, un grand "nooon", un plouf, et un grand "mmmmmmmeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee....." de la boue jusqu'au cheville.

mis a part la boue, le chemin est rigolo: ca monte, ca descend, on passe une riviere en passant sur de gros rochers, puis on remonte. C'est une forêt primaire, on ne voit pas a plus de 3 m dans les feuillages.

PA140218.JPG
en haut de la montée, y'a un blême: « hey ho les gars, remettez les rondins !! » en effet, la boue est la, toute nue, sans protection. n'ayant pas envie de marcher dedans, je passe sur le bord du sentier la ou la boue est moins profonde.
ca continue un peu comme ca et hop, on retrouve la route

go go go, à moi les 13 km de route.

hum, 100m plus tard, un bénévole, nous refait passer dans le foret, en nous disant "le ravito est au bout du chemin"
merci mec, hellbourg me voila, cette partie est passée relativement vite, bizarre qd meme.

le chemin est à nouveau boueux, mais avec plusieurs sortes de boue:
- la boue tassée: elle glisse, mais elle est compacte, faut bien viser mais on ne s'enfonce pas
- la boue épaisse et collante: elle fait bien 10cm d'epaisseur, qd on marche dedans, il faut forcer pour sortir, et on recuperer 2 kg de boue sur la chaussure. ce qui est prratique, c'est qu'on peut marcher dans les traces des précédents.
- la  boue mouillée: elle fait pfouic qd on marche dedans, les empreintes s'effacent rapidement
- l'eau boueuse: c'est comme de l'eau marron, degeu, aucune possibilité d'y échapper, elle rentre dans le chaussure de tous les cotés, et te gèle les pieds

PA140219.JPG

(étude de cas: quelle est cette boue, et comment passer sans se salir les chaussures)


toute en pensant à rester souple, je rattrape un groupe, je leur demande "hey les gars, c'est encore long  ?
"au moins 1h30 me repond l'un d'eux"  ok les gars, qd on n'y connait rien, on ne répond pas. je profite d'un coin plus large, je dépasse en passant dans le boue (la tassée, facile) et je repars.
je rattrape un autre groupe, ils sont 15-20 à la queue leu leu, et semblent être du coin, je reconnais l'accent réunionnais: "hey les gars, vous allez rire, on vient de me raconter qu'il restait encore 1h30 la dedans"
la réponse fuse "1h30, si t'es rapide"
"ben et la route qui devait contourner ca?
"hahaha, changement de programme"
gasp
<blanc>


j'évacue la possibilité d'un complot et me rend à l'évidence, le chemin quasi impraticable, on est dessus. pas de route en bitume pour s'échapper.
"vrrommmm"
"mais j'entends une route, avec une voiture??" dis-je avec -un peu- d'espoir
"oui on longe la route, mais y'a bien 1h30 de boue"
1h30 ? ça va être long.
je reste à l'arriere du groupe, en regardant les pieds du gars devant moi, et j'avance machinalement. les gars doivent être des fans d'Omar et Fred "le SAV des émissions", 15 fois en 10 minutes j'ai droit à "DRRRIINNNNG", "oui allo ?", "allo?", "allo?", ça lasse....

PA140223.JPG

1h30 comme ça? c'est pas possible, je décide donc de moins subir, et d'accélérer pour reduire le temps (E = Mc2).
accélérer est un grand mot, la boue est tres fatiguante, pour un gain de vitesse plus que modéré. je reste donc en attente, et je cours, sur qqes metres, des que le terrain le permet.
je gagne pas mal de place mais je suis frustré de faire des tous petits pas pour ne pas tomber.
mais je tombe qd meme, sur le coté! short degueue, la casquette accrochée au sac est plein de boue, mes mains sont crades, fait ch....... mais ca ne sert à rien "dans la boue, personne ne vous entendra crier" (c)
un peu résigné, je repars, et finalement j'en prends mon parti: ok y'a de la boue, ben c'est comme ca, tout le monde en aura. tu t'entraines depuis des mois, tu t'es inscrit, t'as fait 10000 bornes d'avion, t'es là, c'est pas la boue qui va te pourir le moral. c'est la course, c'est le sport, déja il pleut pas, profite  !!

PA140224.JPGon t'a dit de profiter:o))



ce changement de "mentalité", accepter plutot que lutter, m'a fait rester frais. j'avancais désormais l'esprit libre, et j'en venais à rigoler qd des passages tendus étaient à franchir (15m d'eau boueuse)

04_11360937_lite.JPG
même si j'ai trouvé le passage treeeees looooooong, je n'ai pas trop grillé de gaz ni mental ni physique.

au milieu du sentier, hop, un photographe (chapeau, de t'être installé la....). je suis concentré, et enleve rapidement mon bandeau: oui, on peut être en pleine course, et rester coquet !

PA140225.JPGPA140226.JPG

finalement tout a une fin, et apres une petit escalier en bois, on remonte sur une route, la délivrance .....


Je me remémore le bénévole, et son "le ravito est au bout du chemin", ahaha, il aurait juste pu rajouter qu’il y a 1h30 avant d’atteindre le bout du chemin. Je ne sais pas trop combien de temps j’ai marché dans la gadoue, faudrait que je vérifier sur le cardio…

PA140228.JPG

(des lafuma moon race bleues sont dissimulées dans cette photo, sauras tu les retrouver?)

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Le ravito n'est pas prévu dans mon plan de marche, ouf, car ils avaient un pbm d'alimentation en eau: on était rationné. je prends 2 3 bricoles et je repars en courant.
oui en courant !! 1h30-2h à marcher m'a redonné un surplus d'énergie. bcp de concurrents ont l'air à plat, anéantis apres ce passage (de fait bcp abandonneront), je me sens bien et caracole jusqu'au gite de belouve.

PA140232.JPG

y'a encore un photographe ! surpris, j'oublie d'enlever mon bandeau. trop tard, ma tête de winner est dans la boite.... il va me falloir rester concentré pour eviter les moqueries!)

05_11365876_lite.JPG comment ça je ressemble à rien??
      
derriere le gite, une grosse descente, je suis chaud, je pars en trombe.

 

devant moi 2 gars qui descendent tranquillement, en discutant en réunionnais. je crois comprendre le dialogue suivant:

- y a un gars derriere qui veut passer, 

- haha, il est bien pressé, il va deguster dans le bloc (descente vers cilaos, point 19-21)

- ok, on va jouer

le premier gars laisse passer le deuxieme, qui part à fond! chaud comme la braise, j'accepte le défi et descend à fond, c'est l'éclate !! on dépasse plein de coureurs qui marchent, assez etonnés de voir 2 guignols descendre comme ça. apres qqes minute, le gars me distance, et je reviens d'un coup à la raison "hey gars, t'es à 15h de course, à 70 km, il te reste plus du double", je laisse partir le bonhomme: "ciao tu vas trop vite !" il se retourne en rigolant et en me souhaitant bonne course. je me mets alors à trotinner puis marcher. je me sens bien physiquement mais je me rends compte qu'il ne faut pas disjoncter mentalement, la course est tres longue, il faut préserver la machine.

PA140234.JPG

j'arrive dans Hellboug, à nouveau il y a plein de monde sur la route, et j'arrive au ravito. je prévois de faire une pause plus longue,  lire les sms, y répondre, passer un coup de fil. c'est le ravito "regonfler le moral avant le cap anglais".

 

je me sens frais, je me sens bien, je suis completement dans la course. 

sur le coté de la route, une spectatrice pas effrayée par mon look bandeau+boue me propose de me prendre en photo. j'accepte volontier, et voila l'athlete !

(on remarquera que meme apres 12 h de course, je fais l'effort de mettre le bandeau correctement, avec le logo devant)

 PA140238.JPG

      (t'as le look, coco)

heure:  12h23, j'ai perdu toute l'avance que j'avais (1h30)..... cette partie a été difficile. je suis à nouveau sur 45h

temps de course: 14h23 (reste 28h30...)

distance: 71 km ( reste 91 km)

deniv: 3100D+, 2150D-

je suis 549eme.

 

grr2011_depart-hellbourg.JPG

je rajoute la tableau de suivi entre le temps théorique (softrun pour 45h) et le temps réel. j'ai jusqu'à 1h20 d'avance, puis je perds 1h dans la boue :)
on voir aussi la progression au niveau des places (ca donne un chouette coup de boost à chaque ravito
grr2011 stat1

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Published by petit_merou - dans Grand Raid 2011
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commentaires

Maido 09/03/2013 09:50

Je suis tombé sur ton récit en cherchant à quelle fréquence cardiaque se courait un ultra. Et au final j'ai passé un moment très agréable à suivre ta course de l'intérieur. J'ai dévoré les 3 pages
et vibré avec toi. Merci pour ça! Il faut dire que je me sens concerné car je me suis inscrit au GRR 2013... Ton retour d'expérience m'a donné des fourmilles dans les jambes!

Bravo en tout cas et bon UTMB ;)

petit_merou 09/03/2013 10:24



Hello !! et merci ! c'est une superbe course, tu vas te régaler (faut bien être préparé sinon je pense que ca peut vite devenir penible à vivre)


pour la fréquence cardiaque, c'est assez personnel: j'avais regardé sur mes précédentes courses à combien j'étais en zone confort suivant le temps de course. puis j'ai décidé de rester aux
environs de 75%. (je coupais l'effort à 75%). 


au final je ne suis pas mécontent de mon choix :) pour l'utmb je pense partir sur les mêmes valeurs, je verrai en cours d'année mon niveau et j'ajusterai.


bonne course à toi et merci encore pour ton message ! si tu as des questions, n'hésite pas!


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  • course sur route depuis 2001 (1h28 au semi, 3h10 au marathon), et depuis 2008 je suis passé aux courses natures !
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